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De loin, Bonnieux paraît presque improbable — un village de pierre dorée qui monte en terrasses sur le flanc nord du Luberon, couronné par le clocher d'une église du XIIe siècle. On entre dans ses ruelles et l'échelle change. Les rues sont étroites, ombragées, silencieuses. Peu de concessions au tourisme. Ce que Bonnieux offre à la place est plus difficile à trouver dans le Luberon : un village qui fonctionne selon ses propres règles, avec un marché du vendredi, quelques excellents restaurants, et des vues sur la vallée vers Lacoste et au-delà qui comptent parmi les plus belles de Provence.
Bonnieux se divise naturellement en deux. Le village bas concentre l'essentiel de la vie — cafés, boutiques, marché hebdomadaire, l'église neuve construite en 1870. Le village haut est plus ancien, plus calme et plus escarpé, accessible par des escaliers en pierre qui montent à travers des passages voûtés et longeant des façades Renaissance. Tout en haut se dresse la Vieille Église, une église romane qui n'a plus célébré d'office depuis plus d'un siècle et demi, mais qui offre, depuis sa terrasse ombragée de cèdres, un panorama sur toute la vallée du Luberon jusqu'au mont Ventoux par temps clair.
La montée du bas au sommet prend une vingtaine de minutes. On prend son temps. Le village le mérite.
Chaque vendredi matin, le village bas s'anime avec des étals qui s'étendent depuis la place Gambetta jusque dans les rues adjacentes. Le marché de Bonnieux est plus calme que celui de Lourmarin — moins connu, ce qui le rend plus local dans l'esprit. Primeurs, huiles d'olive, tapenades, linge de table, paniers de marché et poterie artisanale garnissent les étals. Arrivez avant 9h00 pour le voir à son meilleur, et emportez pain et fromages pour continuer vers le Pont Julien pour un pique-nique au bord de la rivière.
À six kilomètres au nord du village, sur la route d'Apt, le Pont Julien est l'un des ponts romains les mieux conservés de France. Construit vers 3 avant J.-C. dans le cadre de la Via Domitia — la route qui reliait l'Espagne à l'Italie — ses trois arches en calcaire enjambent la rivière Calavon avec une précision qui n'a nécessité aucune révision pendant plus de 2 000 ans. Des véhicules l'ont emprunté jusqu'en 2005, lorsqu'une nouvelle route a été construite à proximité pour préserver l'ouvrage. Une plaque commémore l'événement : "On ne sait pas qui a été le premier à le traverser, mais un Irlandais a été le dernier."
Aujourd'hui il appartient aux marcheurs et aux cyclistes. Accès libre, toujours ouvert. Un détour qui vaut le coup.
À six kilomètres au sud de Bonnieux, une route sinueuse monte à travers la garrigue jusqu'à la Forêt des Cèdres — une forêt plantée en 1861 à partir de graines apportées des montagnes de l'Atlas algérien. Le choix de l'espèce était délibéré : les cèdres convenaient à l'altitude et au plateau calcaire aride du Petit Luberon. Ce qui a poussé depuis est un couvert de branches étalées à 700 mètres d'altitude, traversé par des sentiers balisés offrant des vues sur la vallée vers le village et, par temps clair, jusqu'aux Alpes.
C'est le genre d'endroit qui fait oublier la chaleur d'un été provençal. Préférez le matin tôt ou la fin d'après-midi. L'accès peut être restreint par temps très sec ou venteux.
Juste en face, de l'autre côté de la vallée, Lacoste est le village que l'on regardait d'en haut depuis Bonnieux. Le château en ruine qui le couronne a appartenu, au XVIIIe siècle, au Marquis de Sade, qui s'y réfugiait régulièrement entre deux scandales — il y avait fait installer un théâtre privé de 80 places. Le château a été racheté en 2001 par Pierre Cardin, qui en a restauré une partie et y organisait un festival d'art lyrique chaque été dans les anciennes carrières. Les vues depuis les ruines en direction de Bonnieux méritent à elles seules le court trajet en voiture.
Bonnieux a suffisamment de bonnes tables pour justifier d'y rester plus d'une journée. Pour dîner, le restaurant de Capelongue — un hôtel 5 étoiles en Provence perché au-dessus du village — travaille avec les saisons et le paysage en parts égales : une cuisine où le terroir du Luberon arrive dans l'assiette sans ostentation ni artifice. Sa sœur plus détendue, La Bergerie, est installée plus bas sur le domaine et propose le genre de déjeuner qui rend une après-midi bien méritée : légumes grillés, charcuterie locale, vin des vignobles voisins. Les deux cuisines s'approvisionnent en grande partie à La Bastide, le jardin potager du domaine de Capelongue.
Pour ceux qui souhaitent séjourner dans le village, Bonnieux propose quelques chambres d'hôtes et maisons de location nichées dans ses ruelles en pierre. Pour quelque chose de plus abouti, Capelongue surplombe le village dans les collines du Luberon — un hôtel 5 étoiles en Provence avec des vues sur la vallée, un jardin potager exceptionnel, et ce calme particulier qui rend le départ difficile.
Bonnieux se trouve à environ 45 kilomètres d'Aix-en-Provence et à 50 kilomètres d'Avignon. La voiture est indispensable — il n'y a pas de gare et les liaisons en bus sont rares. Des parkings gratuits sont disponibles en périphérie du village.
Le printemps tardif et septembre offrent les meilleures conditions pour parcourir les escaliers du village et explorer les environs. La Forêt des Cèdres est à son meilleur en été, quand son ombre est la plus précieuse. Bonnieux, contrairement à certains de ses voisins, a assez de restaurants et de boutiques pour accueillir confortablement les visiteurs en hiver aussi.
Lourmarin est un bon point de départ pour explorer la campagne à pied ou à vélo. Les sentiers du Grand Luberon commencent presque aux portes du village, serpentant à travers la garrigue, les murets de pierres sèches et les allées de cyprès avant de s'ouvrir sur des panoramas qui s'étendent jusqu'aux Alpes par temps clair. Pour quelque chose de plus engagé, le site de Buoux — à une quinzaine de kilomètres à l'est — est l'un des spots d'escalade les plus réputés de France, ses falaises calcaires attirant des grimpeurs de toute l'Europe. Ceux qui préfèrent le vélo trouveront des routes tranquilles à travers les vignes reliant Lourmarin à Cucuron, Ansouis et Cadenet.
Le vendredi matin d'avril à juin et de septembre à octobre, un itinéraire gourmand traverse les étals du marché de Lourmarin en s'arrêtant chez les meilleurs producteurs locaux — une bonne façon de savoir quelle huile d'olive, quel fromage ou quel miel mérite de voyager dans ses bagages. Un peu plus tard dans la matinée, le camion à vins du Château La Verrerie s'installe près de la place du village pour des dégustations des cuvées du domaine, accompagnées des provisions de l'épicerie locale.
Bonnieux est un village perché dans le Luberon, en Provence, connu pour sa position spectaculaire sur la colline, les vues depuis la terrasse de la Vieille Église, le Pont Julien — l'un des ponts romains les mieux conservés de France — et sa Forêt des Cèdres. Il dispose également d'un bon marché du vendredi et de plusieurs restaurants réputés.
Oui — et bien plus que sa relative discrétion ne le laisse supposer. Bonnieux reçoit moins de visiteurs que Gordes ou Roussillon, ce qui donne à son marché et à ses rues une atmosphère résolument locale. La combinaison village, forêt, pont romain et vues sur la vallée offre une journée riche et attachante.
Une demi-journée suffit pour parcourir confortablement le village. Une journée entière permet d'ajouter le Pont Julien, la Forêt des Cèdres et une visite au village voisin de Lacoste. Ceux qui séjournent sur place profitent du village à l'aube et en fin de journée, quand il est au plus calme.
Lacoste est juste en face, de l'autre côté de la vallée (4 kilomètres). Ménerbes, Gordes, Roussillon et Lourmarin sont tous à moins de 20 kilomètres. Bonnieux constitue une bonne base pour explorer le Luberon sur plusieurs jours.